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SARAH PONIATOWSKI

Designer et décoratrice d’intérieur

SARAH PONIATOWSKI, le style et les couleurs

La fondatrice de la Maison Sarah Lavoine, designer et décoratrice d’intérieur, nous invite dans les multiples sources de sa créativité, à la fois lumineuse, irrésistible et engagée. 

 

Vous êtes la fondatrice de la Maison Sarah Lavoine, vous êtes décoratrice, mais aussi créatrice : mobilier, luminaires, prêt-à-porter, accessoires. Quelle est votre fil rouge ?

Ce serait plutôt un fil bleu, parce que ma couleur, c’est le bleu ! Le point commun, sur un chantier d’architecture d’intérieur ou pour un produit (que ce soit une bougie, un canapé, une lampe ou un pantalon), ce sont ces codes qui constituent les valeurs de la marque : l’élégance, l’intemporalité, la couleur, l’éthique et le métissage.

Le métissage, ce sont les savoir-faire que j’associe, transforme et modernise : notre fabrication est française et européenne, mais je collabore aussi avec des communautés traditionnelles au Maroc et en Afrique pour certaines techniques spécifiques.

 

Vous avez un processus particulier de création, un rituel ?

Si j’en ai un, c’est surtout la curiosité, la recherche de la beauté. C’est vaste ! C’est le monde qui m’entoure, ce sont mes proches, les gens dans la rue. C’est aussi un voyage, un tableau, c’est tout ce qui me nourrit. C’est un état d’esprit.

Vous êtes une voyageuse passionnée. Quels sont les pays qui vous font vibrer, comme femme et comme créatrice ?

Sans hésiter, le Japon et l’Afrique, le Maroc, l’Inde. Le Japon, si proche et si lointain, me passionne. Sa culture fascinante, le raffinement extrême de son art de vivre, son héritage culinaire. Et l’Afrique… Que ce soit le Kenya, la Namibie, le Zimbabwe, ce sont des couleurs, des atmosphères, la nature, les animaux. Ce sont leurs habitants aussi, des rencontres qui me bouleversent et m’inspirent. Le voyage, c’est un besoin physique, ça me nourrit.

 

Et vos villes de prédilections ?

New York ! J’adorais New York. Je parle au passé, parce que je ne sais pas si je l’aime autant qu’avant. La mondialisation est passée par là, tout est partout pareil, les boutiques, le luxe omniprésent. New York a un peu perdu ce qui faisait sa spécificité. C’est le cas de nombreuses grandes villes aujourd’hui, mais Tokyo, par exemple, a su garder son identité, sa personnalité. C’est d’ailleurs une ville fantastique, dont je ne me lasse jamais ! Mais je garde encore New York dans mon cœur, je m’y étais installée quand j’avais 19 ans, et je m’y sens toujours très bien !

Pour ses couleurs Marrakech, une ville de contrastes. Et puis Paris, que j’aime profondément et qui m’émerveille. Je suis une vraie parisienne, je ne m’en lasse jamais, je suis à chaque fois aussi heureuse de pouvoir en partir que d’y revenir. Je mesure chaque jour la chance que j’ai d’y vivre !

 

Chaque parisien porte un petit cliché de sa ville dans son cœur. Quel est le vôtre ? 

Ce serait un instant bref, une promenade aux Tuileries au crépuscule. Lorsque le soleil est dans l’axe des jardins, qu’il colore d’une manière extraordinaire. C’est d’une beauté à couper le souffle.

 

Quel rôle joue la couleur dans votre univers ?

J’ai un caractère très optimiste, positif, je vois la vie en couleurs ! Je les aime toutes, surtout celles du ciel, de la mer, celles qui forment le dégradé d’un coucher de soleil. J’aime aussi le noir, une vraie couleur pour moi, pleine de nuances : il suffit de voir l’œuvre de Pierre Soulages. J’aime surtout associer les couleurs. C’est important pour moi, de les apprivoiser, de les retranscrire, avec délicatesse, pour relever plus que pour appuyer.

 

Il existe un « bleu Sarah Lavoine ».

Ce bleu, il définit en quelque sorte qui je suis. Il change de couleur, d’humeur, il oscille entre le bleu et le vert, selon la lumière, selon le ciel. Ce bleu est un bon compagnon, il tient la longueur, il m’accompagne, j’aime la manière changeante dont il réagit, sur une céramique ou sur un velours.

La prise de conscience environnementale est un thème qui vous passionne. Vous avez associé l’acte à la parole en adoptant un véritable comportement écoresponsable.

Il n’y a pas très longtemps, je me suis rendue au Sénégal pour le travail. Je me suis échappée un après-midi pour aller voir la mer. J’ai vu sur la plage un spectacle terrifiant : du plastique partout, à perte de vue ! Sur le sable, dans la mer, du plastique, des poissons morts ! Ça m’a désolé, c’est monstrueux. Nous avons détruit notre paradis. Malgré une prise de conscience collective sans précédent ces dernières années, on se demande quand la tendance va s’inverser et les choses s’améliorer.

Concrètement, dans le cadre de mon travail, ce n’est pas toujours facile mais on s’adapte en faisant des efforts quotidiens. On ne cherche pas à faire des effets d’annonce : c’est l’action qui prime. C’est fondamental pour moi, je m’applique, je m’engage à mon niveau, en tant que femme et chef d’entreprise. Il y a beaucoup de chemin à parcourir, alors on s’y met.

 

Votre combat passe aussi par un engagement social.

Beaucoup de causes me sont chères. L’émancipation économique des femmes, la lutte contre les violences qui leurs sont faites, les droits des enfants. Dans une prochaine vie, je pourrais me consacrer entièrement à l’humanitaire ! Dans les faits, nous travaillons avec des coopératives de femmes au Maroc ou au Ghana. Ce sont de petits gestes : en les aidant à développer leur activité, en perpétuant leur savoir-faire et leur créativité, elles visent l’autonomie financière, l’indépendance, une plus grande liberté.

 

Quel est le secret de la créativité ? Est-ce être visionnaire, avoir toujours une inspiration d’avance ?

Visionnaire, c’est un bien grand mot. En tout cas, j’essaie sincèrement de me renouveler, de pousser mes limites à chaque fois un peu plus loin. De me surprendre, sans prétention, toujours avec beaucoup d’humilité.

 

N’est-ce pas le rôle des tendances, d’attiser l’inspiration ?

Je suis résolument anti-tendance ! La tendance est éphémère : comme la mode, par définition, elle se démode. Ce n’est pas dans mon ADN. Je suis dans une démarche de transmission, intergénérationnelle. Quelle que soit l’époque, seules comptent l’énergie, l’exaltation de chaque instant, l’émotion. Dans ce que je fais, dans les matériaux que j’utilise, j’essaye de travailler la patine. J’aime la patine du temps. Et la tendance, ça ne va pas avec.

 

Parmi vos multiples rôles au sein de la Maison Sarah Lavoine, vous endossez aussi la casquette d’entrepreneuse. Quelle en est sa qualité principale ?

Un entrepreneur ne se construit jamais tout seul, on est plus fort en équipe. Il faut bien s’entourer, faire confiance aux autres, savoir motiver les troupes aussi. J’aime le dialogue, je suis à l’écoute des gens avec qui je travaille, de leurs désirs, de leurs besoins. J’ai une équipe, un directeur général extraordinaires : sans eux, je n’aurais jamais autant développé mon activité !

 

Comment réussissez-vous à faire cohabiter la créatrice et la chef d’entreprise ?

Je crois qu’il faut vivre avec audace, il faut oser et y aller. Ce n’est pas en restant assis au fond du canapé que les choses se feront. Mais ce que je fais, je le fais aussi par passion. Je suis une personne très active, j’ai besoin de faire, de poser mes idées, de les transformer. C’est très agréable de voir ce que l’on construit. L’être humain est fait pour créer, pour bâtir, Et j’aime cette construction de mon entreprise, j’aime la voir évoluer. Même si c’est un combat permanent !

 

Vous qui créez et donnez vie à l’espace, quel regard portez-vous sur l’année 2020 ?

Le confinement a été dur pour tout le monde. Comme dans les films à la Claude Sautet, j’aime les grandes tablées qui rassemblent amis et famille, toutes générations confondues. Cette année, on a repris conscience de l’importance du bien-être, à la maison : le cocon, c’est la valeur refuge. Chacun à sa manière, avec ses moyens, sa vision, a eu envie d’améliorer son intérieur. On s’est adapté. On s‘est mis aux fourneaux, on a fait de la peinture, on a planté un bout de jardin sur un balcon. On est retourné à l’essentiel.

 

Site Maison Sarah Lavoine : https://www.maisonsarahlavoine.com/en/

Instagram Maison Sarah Lavoine : @maisonsarahlavoine

Instagram personnel : @sarahponiatowski

Combined Shape

« Je créé pour transmettre, je travaille avec la patine du temps. Les tendances, par définition, ça finit toujours par se démoder. » 

LAMPA BIANCA
POUF BESTY
Combined Shape

No More Plastic !
« C’est une ONG formidable, avec laquelle je me suis engagée à l’occasion de la Journée Internationale des Océans. La pollution plastique provoquée par l’homme au fil des années est vertigineuse : 8 millions de tonnes de déchets plastiques finissent dans l’océan chaque année. Il est aujourd’hui possible de créer des produits esthétiques, design et modernes et respectueux de la planète. Et d’œuvrer, chacun de nous, de nombreuses façons, à tous les niveaux. » www.nomoreplastic.co

COMMODE ESSENCE
Combined Shape

Chez Sarah
Le cocon d’une décoratrice d’intérieur ? « Mon espace à moi, c’est mon ancrage, il faut qu’il soit chaleureux et rassurant. Un espace personnel, c’est un environnement qui nous ressemble. Ça passe par une lumière douce, qui ne soit pas agressive, par des bougies, par beaucoup de douceur qui m’enveloppe. Surtout en hiver, parce que je suis hyper sensible à la météo, à la grisaille. »

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