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FRED PINEL

MALLETIER

Fred Pinel : malletier hors normes

Écrit par Julie De Los Rios

 

Fondateur d’une des plus jeunes maisons de luxe à la Française, Fred Pinel réinterprète, depuis 2004, les codes de la malleterie traditionnelle avec audace et impertinence. Sensible à l’odeur et la texture du cuir depuis la plus tendre enfance, allergique à la banalité, cet ultra-créatif, entouré d’une solide équipe d’artisans, fabrique des malles d’exception dans sa « Factory » du 20ème arrondissement à Paris.

 

Vous avez fondé votre marque en 2004. Plus qu’une vocation, on peut parler d’un cheminement, d’une réflexion au fil du temps. Pouvez-vous nous retracer votre parcours ?

En effet, j’ai un parcours atypique. J’ai fait pas mal de choses avant de trouver ce métier. J’ai commencé par tenter la fac de droit puis je suis parti en Angleterre, où j’ai découvert l’avant-garde londonienne. A 21 ans, j’étais déjà mon propre patron, directeur artistique à la tête d’une agence de publicité… En 1998, j’ai monté ma marque de maroquinerie. Mais pas du tout dans une démarche luxe, j’étais dans le moyen de gamme et je travaillais pour d’autres marques. J’avais un rapport assez fusionnel avec les odeurs et les matières et notamment le cuir. Finalement, j’ai eu un déclic en 2000. Mes grands-parents vendaient la maison de campagne où j’avais passé mes vacances, pendant mon enfance. Dans le grenier, j’ai découvert une vieille valise à compartiments. Ça a été une révélation ! J’ai voulu la démonter pour en créer une autre. J’ai fait ça dans mes ateliers. Un jour, un Meilleur Ouvrier de France, qui est resté 6 mois auprès de moi, m’a proposé d’y ajouter une poignée sur-mesure piquée main. L’histoire a commencé comme ça. J’ai fondé Pinel & Pinel… Et cette valise, je l’ai toujours !

 
Cela n’a rien du parcours classique… Comment cela se traduit dans l’ADN de la maison ?

Comme je n’ai pas fait d’école, je ne suis pas entré dans un moule. Je n’ai pas été formé. J’ai appris en autodidacte. Je crois que cela me permet de ne pas me mettre de contraintes. Quand j’ai commencé à faire des malles, j’étais le premier à en créer avec des roulettes ! Je propose, plus que des accessoires de voyage, les objets de décoration. Il faut que ce soit beau mais aussi utile. Notre différence ? Nous sommes disruptifs !

 
Par exemple ?

Nous pouvons mettre une moto dans une malle. Nos malles répondent à tous les désirs. Il y a eu la malle Brompton, conçue pour ranger son vélo pliable du même nom, la malle Soprano Trunk Bang & Olufsen avec ses 24 tiroirs aménagés pour accueillir 480 CD, la malle Picnic Trunk Krug créée pour la maison de champagne ou la I-Trunk Apple, connectée et pensée comme un mini-bureau, avec iMac et imprimante intégrés.  Pour les amateurs de belles montres, étant moi-même un amoureux d’horlogerie, nous avons imaginé la Watch Trunk avec 10 écrins rotatifs Swiss Kubik… Nous créons aussi des remontoirs à montre. Notre volonté est de façonner de beaux objets, sans compromis, mais totalement en adéquation avec nos vies du 21ème siècle que nous traversons à 1000 km/h. Il y a aussi un jeu avec les couleurs. Je suis né en 1969… Le pop art, toute cette culture, c’est mon ADN. Cette utilisation de la couleur, c’est aussi ce qui nous démarque dans le domaine plutôt classique de la malleterie.

La Watch Trunk de Pinel & Pinel pour ranger ses montres…

Comment garantissez-vous l’excellence ?

Que ce soit en termes de création ou de réalisation, nous ne nous mettons aucune limite. Cela est possible parce que, dans notre « Factory » au cœur du 20ème arrondissement de Paris, nous avons réuni tous les métiers de la malleterie traditionnelle. Ici, tous les savoir-faire, les plus ancestraux et les plus exigeants, sont représentés. Du designer 3D au prototypiste en passant par le coupeur, menuisier/ébéniste, maroquinier, sellier… jusqu’au contrôle qualité ! Nous travaillons main dans la main pour satisfaire nos clients et tout est fabriqué ici, à Paris. Qu’il s’agisse d’une malle d’exception, d’une pièce de maroquinerie ou d’un accessoire comme des boutons de manchette, un étui à cigares, à briquet ou à iPad…

 
Vous travaillez aussi en collaboration avec d’autres marques. La dernière en date étant d’ailleurs un relooking du stylo BIC. Qu’est-ce que vous plait dans cet exercice ?

Les collaborations permettent de casser les codes. C’est intéressant. Et j’aime l’idée d’associer deux marques ou créateurs et deux savoir-faire, qui ne sont pas dans le même univers. Quoi qu’il en soit, il faut faire chic et joli, rester dans les codes esthétiques tout en respectant l’ADN des deux maisons. C’est par exemple ce que nous avons fait en habillant la machine à café Nespresso Essenza de Krups. Pendant le confinement, nous avons édité, en collaboration avec l’artiste Hom Nguyen un sac et un coffret collector en hommage au personnel hospitalier, dont une partie des bénéfices est reversé à l’hôpital Robert-Debré. Pour le relooking du stylo BIC, j’ai aimé l’idée de transformer un produit éphémère, de grande consommation, en objet intemporel et durable. Ce stylo en plastique, nous l’avons gainé de taurillon pour la sensualité. On lui donne de la vie. Pour 69 €, le plus grand nombre peut s’offrir un très bel objet. Quand il ne fonctionne plus, le client peut changer la mine. J’aime cette association de deux maisons françaises qui essaient de travailler dans l’excellence. Derrière BIC, on ne le sait pas assez, il y a une technologie hallucinante, avec des dizaines de dépôts de brevet.

 
Quelle est votre vision du luxe aujourd’hui ? A-t-elle évolué ?

Pas vraiment. Pour moi, le luxe, ça reste l’excellence, le savoir-faire. Ce n’est pas une question de prix mais de réalisation, d’exigence, de création sans compromis. Tout cela doit être couplé à un service de haut niveau. Une marque de luxe doit accompagner son client jusqu’au bout et dans les moindres détails. Ce n’est pas tout de vendre des vêtements de belle facture. Il faut qu’il y ait tout le service autour, une compréhension du client et un accompagnement de tous les instants.

La célèbre Arcade Trunk 80 GT de Pinel & Pinel, borne de jeu d’arcades et chaîne Hi-Fi.
Le sac bandoulière Clyde Poppy de Pinel & Pinel

Bic x Pinel & Pinel, une collab’ pointue !

Qui n’a jamais tenu entre ses doigts l’incontournable Cristal de Bic ? Pour fêter ses 70 ans, le stylo à bille s’embourgeoise. Et pour cause ! Relooké par Fred Pinel, il se gaine de cuir taurillon et se coiffe d’un bouchon en métal nickelé couleur or ou argent. Au total, 6 coloris élégants sont proposés :  tangerine, menthe, rosso, noir, falaise ou ciel. Accompagnant deux kilomètres d’écriture, il est rechargeable pour devenir un objet durable. Une bonne idée de cadeau, non ? 69 € dans les points de vente Pinel & Pinel et sur www.pineletpinel.com ou sur www.bic.com

A qui vous adressez-vous quand vous créez ?

Cela peut être à un client particulier quand il s’agit d’une demande. Nous pouvons faire la décoration complète d’un appartement. On entre alors en osmose avec les désirs du client qui nous ouvre son cœur. A contrario, quand je créé pour ma marque, je suis dans une démarche égoïste. C’est mon cœur que je mets dedans. Souvent sans compromis. Il ne faut pas trop écouter les autres. La création, ça vient d’un coup, c’est intuitif. Comme un artiste, cela vient du cœur, du plus profond de l’âme.

 
Où trouvez-vous votre inspiration ?

Je la trouve sous la douche le matin (rires) ! J’ai toujours eu un rapport exceptionnel avec l’eau. J’aime me baigner, nager, j’aime la nature, me ressourcer, respirer, vivre des moments calmes. Mais je pense qu’on est tous un peu des voyeurs. Quand je me balade dans une grande ville, j’aime observer les gens, leur manière d’agir, leur rapport aux autres. Je regarde attentivement tout ce qu’il se passe autour de moi, dans les moindres détails. Cela nourrit ma créativité. Le jour où je dessine, je suis influencé par toutes ces choses qui m’entourent. Je pense que le point commun des créateurs, c’est la curiosité… Oui c’est ça. Ce qui anime ma créativité, c’est ma curiosité.

 

Instagram : @pineletpinel

Colette prend des couleurs

Bonne nouvelle : l’iconique cabas Colette fait son retour dans une finition totalement en cuir. Toujours aussi pratique et léger, le meilleur allié des citadines se revisite dans de nouvelles tonalités pour s’assortir au mieux à votre look. Reconnaissable en un clin d’œil grâce au logo de la maison, ce futur It bag se décline au total dans 12 associations colorées. Marine et cyan, jaune et rose, kaki et pistache… Il y en a pour tous les styles ! Patience… En vente dans les boutiques de la marque ou sur www.pineletpinel.com

Portraits

Nos invités

JULIEN ALVAREZ

Chef Pâtissier

RAPHAËL LE BERRE & THOMAS VEVAUD

Architectes d'Intérieur

LAURENT THÉZÉE

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YOHANN CARON & FRANÇOIS DESHAYES

Chefs Pâtissiers

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